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Archive for juin 2009

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Catégories :Chroniques

Une menue et paisible révolution

aliceNotre équipe a beaucoup et bien travaillé durant cette année scolaire 2008-2009, et elle s’apprête à profiter de quelques vacances. Mais avant d’y goûter, je voudrais vous entretenir d’une menue et paisible révolution qui s’est opérée, dans la conduite de nos ateliers, au cours de ces derniers mois, et qui se confirmera dans les rendez-vous à venir.

Une particularité remarquable de nos stages consistait, depuis toujours, à accueillir des enfants d’âges et de niveaux scolaires très différents. Les visiteurs étaient ravis et amusés de voir des élèves de collège servir de mentors à de très jeunes, qu’ils entraînaient à déclamer avec eux des poèmes et des contes. Par habitude, pourtant, nous ne confondions pas les ateliers destinés aux enfants et ceux qui concernaient la formation des adultes.

Or, cette séparation aujourd’hui s’efface.

Ceux qui découvrent la méthodologie Voix Haute ont besoin sans doute qu’on leur en expose les principes. Mais ils ont besoin surtout de la voir mise en œuvre, et de s’y essayer aussitôt que possible.

Voix Haute est voué au partage et à la transmission. L’apprentissage et la formation sont des notions annexes, dont nous pourrions aussi bien nous passer. On apprend et on se forme en entrant dans le groupe, en observant les autres, en les écoutant exposer des principes et raconter des histoires (nous sommes riches d’anecdotes), en s’occupant de technique (il y a des fils, des claviers et des écrans partout), en faisant tourner un Moulin à paroles, en allant chercher un café, en s’attardant à bavarder avec un père égaré dans un couloir, en dirigeant un quatuor, en recherchant une vidéo sur YouTube ou une musique sur Deezer, en feuilletant un livre illustré par Claude Ponti ou Tomi Ungerer.

Voix Haute réunit des sujets. Enfants et adultes – parents, professeurs, psychologues, orthophonistes, animateurs associatifs et étudiants. Tous volontaires et librement admis.

Dans un atelier Voix Haute, l’idée de « retard scolaire » n’a plus cours. Le seul ordre qui s’impose est celui du langage – « mets les mots à leurs places, choisis-les aussi bien que possible, ne les laisse pas se confondre, prononce-les avec soin: ils sont précieux! »

Michel Roland, qui est l’un de nos administrateurs, m’a fait découvrir voici peu cette citation de Simone Weil qui pourrait définir l’esprit que nous cultivons. Elle dit:

L’intelligence ne peut être menée que par le désir. Pour qu’il y ait désir, il faut qu’il y ait plaisir et joie. L’intelligence ne grandit et ne porte de fruits que dans la joie. La joie d’apprendre est aussi indispensable aux études que la respiration aux coureurs. Là où elle est absente, il n’y a pas d’étudiants, mais de pauvres caricatures d’apprentis qui au bout de leur apprentissage n’auront même pas de métier [+].

Si vous voulez lire avec nous, merci de noter nos trois prochains rendez-vous:

  • Vendredi 7 août, à l’école du Château. Rencontre sur Les outils Voix Haute [+].
  • Lundi 24-vendredi 28 août, au collège Don Bosco. Stage La balle au bond (B@B) [+].
  • Samedi 29 août, au collège Don Bosco. Rencontre: « C’est la rentrée » [+].

Christian Jacomino

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Retrouver les sources vives

29 juin 2009 4 commentaires

La lecture analytique est le modèle dominant aujourd’hui. Elle prend différentes formes. Le commentaire composé en est un aboutissement. Il s’agit toujours d’analyser un texte. Il n’y a là rien de blâmable. C’est aussi ce que nous voulons, parler des textes, les interroger.

Mais nous disons que ces analyses ne prennent sens que dans une perspective plus large. Qui se pencherait sur les chansons de Dylan, les poèmes de Baudelaire, les films d’Eastwood…, s’il n’en avait la vie quelque peu transformée? Les pragmatistes nous apprennent à juger du savoir par ses effets. Les effets de « Brise marine » n’apparaissent qu’après quelque temps. Il faut s’être un peu répété ces vers :

La chair est triste, hélas! et j’ai lu tous les livres.
Fuir! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres
D’être parmi l’écume inconnue et les cieux!

Il faut avoir un peu frotté la lampe pour que le génie sorte. Que le détail soit bien compris, que les procédés soient analysés, que le style soit reconnu, voilà qui n’est pas sans importance. Mais comment nos élèves peuvent-ils y voir le moindre intérêt s’ils ne connaissent jamais les effets des textes qu’ils commentent?

La mémorisation, même très imparfaite, est nécessaire pour que les œuvres puissent donner, ne serait-ce qu’un instant, une nouvelle valeur et une nouvelle teinture aux choses. Il faut que l’œuvre me hante un peu pour que, quand je m’en détournerai, elle soit encore là, agissant sur le monde et agissant sur moi.

Il s’agit d’ouvrir l’école sur la vie et de retrouver l’esprit de Freinet au-delà de la lettre.

le silence dogmatique ou la terreur dans l’éducation

29 juin 2009 2 commentaires

Il s’agit de savoir si l’on peut dire quelque chose.
Une amie m’a raconté une séance de formation. Elle y a exposé un problème qu’elle rencontrait en classe. Elle espérait qu’on l’aiderait. Le formateur et les collègues lui ont répondu presque unanimement qu’il n’y avait aucune réponse. Il y avait autant de solutions que d’élèves. Chaque problème était absolument singulier. Mon amie est partie en jurant, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus. Son histoire n’est pas isolée.
Ne peut-on donc rien dire? La moindre proposition technique de Freinet ou de Montessori, le moindre rituel pédagogique d’Oury ou d’Alain seraient aujourd’hui balayés par les nombreux tenants de cet empirisme extrémiste. Ils font régner dans la pédagogie la Terreur que Paulhan dénonçait en parlant des Lettres. Oui, c’est la même Terreur, le même argument de l’absolue et ineffable singularité. Rien n’est dicible. Dire, c’est trahir en généralisant.
Les enseignants sont alors appelés à une autocritique perpétuelle fondée sur un geste strictement négatif. Je ne fais pas ce qu’il faut, mais que faire? Bien sûr, il ne s’agit pas de tomber dans le scientisme et l’on ne prétend pas poser des méthodes définitives et universelles. Mais il faut oser affronter la réfutation. L’histoire de la pédagogie est pleine d’erreurs. Et, comme dit Alain, « toute erreur est belle ». Ce n’est pas elle qu’il faut craindre mais le silence dogmatique.

où fait-on de la pédagogie?

Où fait-on de la pédagogie?

On parle sans cesse de la formation initiale, des IUFM, des masters… C’est une question qui n’est pas sans importance et qui n’a pas encore trouvé de réponse satisfaisante. Mais ce n’est pas seulement parce qu’elle est difficile que cette question envahit le champ médiatique. C’est aussi parce qu’on laisse de côté une autre question, celle de la formation continue. Elle est pourtant un lieu beaucoup plus pertinent pour affronter tant de problèmes pédagogiques.

La formation initiale est obligatoire, délivrée par un formateur qui a souvent des allures de supérieur hiérarchique, au sein d’un groupe à peine formé, dû au hasard des décisions administratives. Ce sont des problèmes avec lesquels la formation initiale doit faire.

Mais entre maîtres patentés, on pourrait se comporter autrement. On verrait alors se constituer des groupes de volontaires travaillant sur des questions précises au sein de communautés qui les reconnaîtraient. (Bien sûr, il faudrait que ce travail d’atelier reçoive quelque salaire.)

Que les maître soient des maîtres. Il s’agit aussi de pouvoir désigner clairement quelques lieux où l’on travaille véritablement les pratiques pédagogiques.

Il est temps de reconnaître les limites des débats nationaux. Ils sont imprégnés d’opinion médiatique et ne permettent pas d’aller au-delà de la définition vague d’un socle commun.

La praxis pédagogique appelle des structures démocratiques locales qui dialoguent sans se fondre. Nous avons besoin de mouvements pédagogiques qui ne soient ni des sectes ni de grosses machines étouffantes.

la paresse et le laxisme

26 juin 2009 5 commentaires

Le sujet de dissertation du bac des Premières L cette année :

On emploie parfois l’expression « créer un personnage » au sujet d’un acteur qui endosse le rôle pour la première fois. Selon vous, peut-on dire que c’est l’acteur qui crée le personnage? Vous répondrez en faisant référence aux textes du corpus, aux œuvres que vous avez vues ou lues, ainsi qu’à celles étudiées en classe.

Je n’avais jamais connu aucun moment d’unanimité dans les réunions d’enseignants. Grâce à ce sujet, nous partagions tous une même stupéfaction. Qui a fait ce sujet? Pourquoi? Quand a-t-il vu des élèves pour la dernière fois? Que pense-t-on évaluer?

Les copies le montrent. Dans leur grande majorité, les élèves n’ont pas d’exemples à donner – ce qu’on peut difficilement leur reprocher. C’est à celui qui parlera avec le plus d’assurance d’une question qu’il est incapable de traiter.

Quelques jours plus tard, nous retrouvons ces mêmes élèves pour les épreuves orales. On découvre alors que beaucoup d’entre eux ne comprennent pas clairement le sens des Animaux malades de la peste. On découvre à l’oral des élèves qui ne savent pas lire les vers, qui ne peuvent pas citer plus de deux fables de La Fontaine, qui n’ont pas lu un livre en entier depuis des mois, et qui se sont demandé pendant quatre heures si c’est vraiment l’acteur qui crée le personnage.

C’est alors, comme tous les ans, dans tant de jurys, le moment du grand écart. D’un côté, un sujet infaisable. De l’autre, des dissertations qui dépassent rarement les deux pages, confuses, souvent truffées de fautes de langue, imprégnées de l’angoisse légitime de celui qui a planché dans le vide pendant quatre heures.

Bien sûr, les élèves ne sont pas obligés de choisir ce sujet. Ils peuvent aussi commenter un texte de Sartre que personne n’a jamais lu. L’auteur du corrigé officiel a lui-même oublié qu’il s’agissait d’un texte de Sartre.

On se scandalise. « Les étudiants aujourd’hui ne savent plus écrire. »  ‘Ils ne connaissent rien. »  « Il faut leur faire des dictées. » Il est certain que si l’on a préféré la question du rôle créateur du comédien à celle de la maîtrise de la langue, si l’on a préféré s’intéresser au Kean de Sartre plutôt qu’à ceux des textes que la tradition a choisis pour construire une civilisation, on ne peut accuser ensuite les élèves de paresse et l’école de laxisme.

La flûte enchantée proposée aux enfants

25 juin 2009 3 commentaires

BIM Affiche stage A5La Banque d’Instruments de Musique (B.I.M) , créée en 2006, vient d’ouvrir un Atelier de 60m2 au 12 de la rue Saint Joseph, c’est-à-dire au pied de l’école du Château, dans le Vieux Nice.
Elle propose à des enfants de 4 à 6 ans, un « atelier en musique » autour de La Flûte enchantée de Mozart. Cela se passera du lundi 24 août au vendredi 28 août de 9h à 12h.
Cet atelier pilote recevra 10 enfants et sera placé sous la direction artistique de Mari Laurila-Lili, chanteuse et musicienne, et de Sylvie T., artiste peintre.
Chaque jour, en première partie de matinée, Mari leur fera découvrir l’univers magique de l’opéra de Mozart grâce à l’écoute, mais aussi en les faisant chanter et danser eux-mêmes, et en leur permettant d’aborder la pratique d’instruments (piano, flûte, percussions…).
Après le goûter, Sylvie construira avec eux un décor en carton représentant les personnages et les animaux qui habitent l’œuvre.
Un chanteur lyrique interviendra en fin de stage pour chanter avec eux.
Le vendredi, les parents seront invités à découvrir une mini représentation de cette Flûte Enchantée, fruit de cet « atelier en musique » qui sera repris et décliné durant la prochaine année scolaire.
Goûter et matériels sont fournis. Les enfants doivent avoir un tablier ou un grand tee-shirt pour ne pas se salir.
Participation financière est de 80€ pour une semaine de quinze heures. A quoi s’ajoutera l’adhésion à l’association pour l’année scolaire 2009-2010 (20€ pour une personne, 30€ pour une famille).

Contact et inscription:
Elisabeth TOURAILLE
Tél.: 06 21 05 51 08 / 04 93 62 18 24.

Attention les places sont limitées !