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Archive for octobre 2008

De la jubilation d’apprendre

Il n’est pas certain que tous les enfants aient une égale soif d’apprendre, mais le développement d’une habileté développe chez chacun de la jubilation. Nous avons tous observé la jubilation que montre un enfant qui apprend à parler, il n’en va pas autrement pour celui qui apprend à lire. Le plaisir de lire est d’abord, pour l’enfant, celui de pouvoir lire et de le faire. De montrer aux autres qu’il sait lire, lui aussi, et de le vérifier, et de s’en étonner lui-même, à ravir. Or cette jubilation, il peut l’éprouver aussi bien en revenant sur les textes qu’il sait déjà par cœur (ou presque). Des textes que, peut-être, il savait déjà par cœur (ou presque) avant d’apprendre à lire, et dans lesquels il a appris à lire parce que ceux-là, ils les aimaient.

Les adultes ont beaucoup de mal à admettre – ou à se souvenir – que l’acquisition d’une habilité provoque de la joie. Ils imaginent des bénéfices seconds capables de justifier les apprentissages qu’ils proposent à l’enfant. Ils prétendent que ces apprentissages auraient davantage de sens s’ils s’inscrivaient dans des projets. Mais quel est le projet d’un enfant qui apprend à faire de la bicyclette? A-t-il besoin d’un projet pour consentir cet effort et risquer à tout moment de s’écorcher les genoux en tombant? Certainement pas. Il faut les voir tomber et se remettre aussitôt en selle. Il faut s’en souvenir. Et pourquoi en irait-il autrement pour l’apprentissage de la lecture?