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Archive for the ‘La Lettre de VH’ Category

Notre site internet est un couteau suisse

27 janvier 2010 1 commentaire

Notre site internet est désormais accessible à l’adresse voixhaute.fr (ou voixhaute.com).

Nous vous invitons à dérouler le Plan du site à partir du lien que vous trouvez indiqué en bleu, au haut de la colonne de gauche, sur la page d’accueil.

L’essentiel des ressources que nous vous proposons consiste dans les Moulins à paroles (m@p), jeu de lecture dont vous pouvez consulter la définition et surtout le catalogue, ce dernier étant régulièrement tenu à jour de nos nouvelles publications.

Depuis la Nouvelle année, le Défi m@p est expérimenté par de petits groupes adultes qui s’en amusent. Il sera proposé aux enfants à partir du mois de mars. Une page du site lui est consacrée. Reportez-vous à elle. Et si votre enfant montre du goût et du talent pour la lecture (j’en connais, je pourrais les nommer), permettez-lui de se préparer aux prochains rendez-vous en piochant dans le catalogue tout entier sur lequel portera le questionnaire.

Mais ce nouveau site doit vous permettre aussi de mieux accéder aux ressources annexes produites par notre atelier. Elles sont regroupées sous l’onglet Documentation, et elles sont de trois sortes:

le matériel pédagogique, dédié aux usages scolaires, associatifs et (surtout peut-être) familiaux;
> les présentations, qui servent de supports à nos formations,
> les articles, que nous recommandons aux étudiants en sciences de l’éducation et en orthophonie (j’aurais l’occasion de rencontrer ceux de 4e année de l’école d’orthophonie de Nice le 10 février prochain, et je profite de l’occasion pour remercier M. Christian Bellone de m’y avoir invité).

Enfin, nous avons ajouté deux pages de questionnaires. L’une concerne Votre usage des m@p. L’autre – Contactez-nous – est ouverte à vos questions, suggestions et conseils.

Notre site internet est un couteau suisse. Cela signifie que son utilisation réclame un peu d’habitude et de soin. Mais qu’il est capable aussi de vous rendre de grands services.

Bien à vous.

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La Belle et la Bête

31 décembre 2009 2 commentaires

Il n’avait que trente milles pour arriver à sa maison, et il se réjouissait déjà du plaisir de voir ses enfants; mais, comme il fallait passer un grand bois avant de trouver sa maison, il se perdit…

Le m@p est ICI.

Le devoir d’être heureux

27 décembre 2009 8 commentaires

Quand je parviens à échapper à l’engrenage des passions et des mots, je suis heureux et, par là, je fais mon devoir. Il s’agit, tout d’abord d’un devoir envers moi-même. En étant heureux, je domine mes passions, je m’affranchis, je préserve en moi le sujet libre qui fonde toute perspective éthique. Mon devoir n’est pas énoncé dans des morales complexes. Il n’est pas dans le détail. Mon devoir est à la fois plus simple et plus grand que cela. Il s’agit d’être un homme, donc d’être libre, donc d’être heureux.
C’est aussi un devoir envers autrui qui est ainsi accompli quand je suis heureux. Mon bonheur est un modèle et un encouragement, et il évite aux autres le malheur que leur causerait le spectacle de ma peine.

JACOMINO (Baptiste), Apprendre à philosopher avec Alain, Ellipse, 2010, p. 57. ISBN 9 782729 852153.

Achetez ICI.

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Ah! tombe neige…

12 décembre 2009 6 commentaires

Chers amis,

Voici plusieurs semaines que notre équipe travaille à vous confectionner un m@p spécial fin d’année.

Vous le trouverez ICI.

Usez-en pour votre propre plaisir et partagez-le d’abord avec ceux – petits et grands – qui sont autour de vous.

Puis copiez-en l’adresse (URL) que voici: http://sites.google.com/site/voixhautedocs/moulin-a-paroles-m-p/catalogue/la-blanche-neige

et collez-la dans les messages que vous enverrez à vos parents et amis, où qu’ils se trouvent.

Vous leur offrirez ainsi un cadeau instructif et amusant, en même temps que vous contribuerez à faire connaître notre action.

Enfin, si vous administrez vous-même un site internet (page personnelle, blog, site d’une commune, d’une école ou d’une association), nous vous invitons à incruster ce m@p sur votre page d’accueil. Il vous suffit pour cela de copier le code HTML (embed) proposé sur la diapositive qui apparaît tout à la fin, quand le jeu se referme.

J’ajoute que le présent billet reste ouvert à vos commentaires. Ne manquez pas de nous faire savoir si ce m@p vous a plu, quelles utilisations vous avez pu en faire, l’adresse des sites où vous l’avez publié…

Bien à vous,

Christian Jacomino

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Assumons de transmettre

6 décembre 2009 8 commentaires

L’une des questions qui revient le plus souvent dans les sessions de formation est celle de savoir comment je choisis les poèmes sur lesquels je travaille et qui se trouvent enfin proposés au catalogue de m@p. Je réponds alors que j’ai commencé à sélectionner des textes pour mes élèves au tout début de ma carrière d’instituteur, au milieu des années 70, à une époque où nous ne disposions pas de photocopieuses et encore moins d’ordinateurs, et que, depuis, je n’ai jamais cessé.

Que chaque texte qui se trouve proposé au catalogue des m@p a été testé, expérimenté, des dizaines de fois dans des classes dont j’étais l’instituteur, et que je peux attester par conséquent qu’ils parlent aux élèves de l’école primaire. Qu’ils sont ajustés à leur voix, à leur entendement, et surtout à leur imaginaire.

Et j’ajoute que le choix que je fais reprend pour l’essentiel une vieille tradition scolaire dont je suis héritier. Que je n’ai pas inventé de choisir, de Victor Hugo, Demain, dès l’aube…, ou Choses du soir. Que je n’ai même pas inventé de choisir, dans Choses du soir, ces trois strophes que je retiens parmi les autres qui sont toutes absolument merveilleuses mais que je recommande d’aborder dans un deuxième temps, quand les enfants sont déjà entrés dans l’univers que le poème leur décrit, qu’ils ont déjà un peu apprivoisés les grands loups moroses que la faim fait rêver.

Et je vois bien que certains des jeunes professeurs ou animateurs auxquels je m’adresse font la moue. Hochent la tête. Se retiennent de dire. Et il faut que je leur souffle: « Mais enfin! pourquoi ne pas laisser l’enfant libre de son choix? Pourquoi restreindre sa liberté en choisissant à sa place? »

La réponse à cette question est que, dans un monde idéal, il serait préférable peut-être qu’un enfant de 8 ans se saisisse de l’Art d’être grand-père, et qu’il fouille librement à l’intérieur jusqu’à rencontrer un texte qui le retienne, qui s’ouvrira devant lui comme une entrée majestueuse dans la caverne d’Ali Baba. Mais que, dans le monde réel, il est bien peu probable que ce miracle se produise. Et qu’à vouloir laisser les enfants se débrouiller avec les livres de poésie, on les condamne à ne plus en lire du tout, au contraire de ce qui se faisait à la belle époque de l’Office Français des Techniques Modernes d’Éducation (OFRATEM) et de ses rendez-vous radiophoniques.

J’ajoute que refuser de choisir pour l’enfant, en assumant de transmettre la tradition dont on est soi-même issu, c’est, dans ce cas, comme refuser d’enseigner.

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Pierre Le Pillouër a écrit un poème

29 novembre 2009 1 commentaire

Pierre Le Pillouër a écrit un poème, et je suis venu après lui pour le lire. Et vous le donner à lire. Je n’aurais pas travaillé sur ce texte s’il ne m’avait pas accroché dès la première lecture. Mais qu’il m’ait accroché signifie aussi que je n’étais pas sûr de très bien le comprendre. Je voyais qu’il n’y avait pas de tricherie dans cette chose-là. Qu’on ne se payait pas de mots. Et qu’il était question d’un enfant. De ce qu’on appelle, en jargon professionnel, éducatif et judiciaire, le « placement » d’un enfant. Les enfants, je connais. Et cela a suffi pour me donner confiance. J’ai dit à Pierre, Je vais essayer. Il a été d’accord et le premier travail que j’ai eu à faire à consisté à isoler les successives parties du poème sur les diapositives où j’ai grossi la typographie autant que le format le permettait.

L’affaire du m@p consiste à grossir les caractères d’écriture et à ralentir la lecture jusqu’à suspendre le mouvement de la phrase. Que le lecteur ne soit plus emporté par le sens mais se trouve en même position incertaine et créative que l’auteur, à devoir distinguer chaque mot, l’examiner à la loupe, sous tous ses aspects, graphiques, phonétiques, sémantiques. Le prendre avec des pincettes. Le peser comme sur une balance d’orfèvre pour décider enfin de son choix ou de son refus.

J’ai mieux compris et aimé ce texte de Pierre au fur et à mesure de mon travail. J’ai pu le pénétrer en ménageant des vides où les mots devaient revenir s’ajuster ensuite un à un, tandis que d’autres n’auraient de place nulle part, resteraient des intrus, quelque chose comme des fantômes errants sans repos. Et il en ira pour vous inévitablement de même.

Le m@p est conçu pour permettre au lecteur de reconstituer le texte, pièce par pièce, un peu de la même manière qu’un amateur construit en miniature une caravelle de Christophe Colomb. Elle tient dans une bouteille. Quand il a fini, après des mois, il a le sentiment de la connaître aussi bien que s’il en avait lui-même dessiné les plans, et mieux sans doute que s’il avait rallié l’Amérique à son bord. Il peut s’imaginer en avoir lui-même dessiné les plans, quelques siècles auparavant. Ou avoir traversé l’Atlantique à son bord, la pipe à la bouche et un perroquet sur l’épaule.

Et en faisant ce travail de lecture, j’ai découvert que celui de l’auteur – Pierre Le Pillouër – avait consisté moins à « écrire » (mot prétentieux et un peu ridicule quand on l’emploie sur le mode intransitif, ne trouvez-vous pas?) qu’à se mettre lui-même en posture de lecteur, devant la situation de l’enfant qu’il évoque, et devant les mots qui la disent déjà. Ceux qui sortent de la bouche de l’enfant et que l’auteur a pris soin de noter (« Comme mon frère j’ai parfois besoin d’éther », slide 11). Comme ceux aussi bien que l’on rencontre dans un guide touristique à propos du village où cet enfant est placé (slide 12).

Dans un article récent, Hubert Guillot écrit

que si la lecture est la caractéristique de la société moderne, l’écriture pourrait être celle des sociétés futures. Si on compte près d’un million d’auteurs sur terre (un million de personne ayant publié un livre dans l’année, soit 0,01 % de la population), le nombre d’auteurs de livres a été multiplié par 10 chaque siècle. La proportion de ceux qui utilisent des nouveaux médias pour publier des contenus connaît, elle, un facteur de progression de 100. Tant et si bien que ce ne sera bientôt plus la lecture qui définira le summum de la civilisation, mais l’écriture (La Feuille).

On voit bien, en effet, que tout le monde veut écrire. Si, dans l’Union européenne, les résultats de l’apprentissage de la lecture demeurent aussi médiocres (voir étude), c’est aussi parce que l’activité a perdu beaucoup de son prestige auprès des professeurs eux-mêmes. Ils brûlent d’impatience de faire écrire leurs élèves. Les enfants ne sont pas sortis du CP, ils peinent à déchiffrer quelques mots et ne savent pas trois bonnes récitations que déjà ceux qui en ont la charge voudraient qu’ils « produisent » des textes! Comme si la lecture était une activité servile, de soumission, et qu’il fallait se dépêcher d’écrire pour s’exprimer enfin.

Je parle là d’un fait sociologique, d’une mentalité dominante dont il ne servirait à rien de vouloir la réfuter. Mais il se trouve néanmoins que la tendance distinctive de l’art contemporain dans toutes les disciplines consiste dans le même temps à observer le réel. Physique ou langagier. À le déchiffrer. Le surligner, l’entourer, le découper, le citer, l’indiquer, l’indexer, le coller, l’évider, le cerner. À mieux lire, en somme, ce qui se trouve déjà écrit dans d’autres livres ou dans l’apparence chatoyante du monde. Pour mieux le donner à lire.

Et les NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) sont venues à point pour confirmer cette tendance. Grâce à elles, on n’écrit plus sans surligner et lier le texte que l’on a sous les yeux à d’autres parfois lointains, c’est-à-dire sans écrire déjà. Et l’on n’écrit pas sans coller non seulement du texte mais des images. Ce qui signifie que lecture et écriture sont devenues indissociables. Qu’elles s’entrelacent étroitement comme les deux aspects de la même activité. Reste à désigner cette activité par le nom qu’elle mérite. Je n’en vois pas qui lui conviendrait mieux que celui de « poésie » (« poïesis », « poetry ») entendu à la fois comme nom et comme verbe.

Pierre Le Pillouër a écrit un poème, et le m@p est ICI.

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Du respect à l’école

22 novembre 2009 8 commentaires

Maryline Baumard signe, dans Le Monde daté d’aujourd’hui, un article intitulé Opération « zappe ton prof » dans un lycée parisien. La dureté de l’article à l’égard des lycéens concernés me paraît surprenante dans un journal réputé pour son objectivité et sa modération. Nous avons affaire à un conflit qui oppose deux parties: quels sont les motifs de l’une et quels sont ceux de l’autre? La journaliste ne semble pas se poser la question: elle sait et nous affirme que les lycéens sont irrespectueux, sans se préoccuper de savoir – et sans nous faire savoir – si le professeur auquel ils s’opposent ne l’a pas été à leur égard.

Ne connaissant de l’affaire que ce que dit l’article, c’est-à-dire bien peu, je n’épiloguerai pas sur ce cas précis. En revanche j’agiterai trois questions plus générales concernant la problématique du respect dans les établissements scolaires.

1/ Le métier d’enseignant est des plus difficiles, et il n’est pas rare que certains professeurs ne soient pas (ou plus) en mesure d’y faire face de façon correcte à un certain moment de leur carrière (parfois tard, parfois très tôt). Quand cela se produit, la conséquence la plus fréquente est qu’ils se montrent désagréables, acariâtres, parfois irrespectueux à l’égard des élèves. Or, demandons-nous comment les élèves en question peuvent le faire savoir, comment ils peuvent se faire entendre, et comment les administrations académiques peuvent réglementairement répondre à leurs plaintes.

2/ L’obligation scolaire et sa forme cursus ont pour conséquence que certains sujets humains, susceptibles de souffrir comme vous et moi de blessures narcissiques, vivent en situation d’échec de la GS de l’école maternelle jusqu’à l’âge de 18 ou 19 ans, où l’on insiste pour qu’ils passent le bac, et le réussissent. N’y a-t-il pas là une forme de maltraitance, à laquelle il serait presque inévitable que ceux qui la subissent répondent par de l’agressivité?

3/ Beaucoup de professeurs se montrent favorables à une clôture de l’école qui exclut de son champ l’usage des technologies nouvelles (téléphone portable, internet, réseaux sociaux), la publicité et tout ce qui a trait à l’actualité de la culture urbaine populaire. Or, ce qui est exclu ainsi, c’est le monde même. Celui auquel les jeunes souhaitent se rattacher, dans lequel ils attendent impatiemment de pouvoir s’intégrer. Disons, par parenthèse, que c’est (aussi) celui des adultes qui travaillent en entreprise, et dont personne ne s’avise de leur contester l’usage du téléphone portable, le droit de se maquiller et de consulter leur boîte à lettre électronique.

Pour les enfants des familles aisées, cette intégration dans le monde de la culture urbaine va de soi. Elle se réalise jour après jour à l’extérieur de l’école, et il ne paraît pas absurde que l’école veuille leur parler d’autre chose. Mais, pour les enfants des familles les plus dépourvues, l’intégration dans le monde réel (celui où ils iront aimer, peut-être gagner leur vie et élever à leur tour des enfants) a besoin d’être travaillée, facilitée, favorisée, par de vrais professionnels. Et n’est-ce pas à dire que cela devient une tâche primordiale de l’école?

Concilier la grande culture et celle, urbaine, contemporaine, des nouvelles technologies? L’idéal, bien sûr. Et c’est cet idéal que nous réalisons ICI.

lol

!Mi escuela, mi escuela!

15 novembre 2009 3 commentaires

picassoJe reconnais le m@p. Le concept est bien celui que j’ai inventé, le déroulement des pages correspond au schéma méthodologique que j’ai mis au point et illustré au fil de plusieurs années de travail. Mais cette fois, ce n’est pas moi qui ai choisi le texte, ni moi qui ai écrit le scénario du film qui l’adapte, le met en scène, nous le donne à lire, à entendre, à redire et à apprendre. Et d’ailleurs tout ceci se passe dans une langue (l’espagnol) que je n’ai jamais apprise encore qu’on me l’ait parlée lorsque j’étais enfant. Et s’adresse d’abord à des élèves qui ne sont pas français mais allemands!

Surprenant, is not it? Et comment en sommes-nous arrivés à cela?

Ce m@p est un cadeau d’Alice Ayel. Je n’ai jamais rencontré cette jeune femme que sur la toile, mais les outils du Web 2.0 nous permettent d’être en correspondance assez étroite et voici ce que j’ai pu apprendre la concernant:

Elle est née à Châtenay-Malabry, elle a passé son bac scientifique à Paris, puis elle a fait une année de classe préparatoire HEC au lycée Lavoisier. Elle est partie ensuite étudier en Angleterre où elle a obtenu une licence de commerce. Avec cette licence en poche, elle a passé quelques années à enseigner le français et l’anglais en Espagne, à Saragosse, dans une académie de langues. Puis elle est repartie en Angleterre, à Leicester, pour obtenir un diplôme de professeur du secondaire. Elle a enseigné le français pendant six ans à Leicester. Et, depuis août 2009, elle enseigne le français et l’espagnol dans une école internationale qui s’appelle Thuringia International School à Weimar.

Si vous voulez en savoir davantage sur cette passionnée de linguistique et de pédagogie, si vous voulez suivre son actualité, rendez-vous sur le blog qu’elle tient (en anglais) à l’adresse Alice’s Posterous.

Je la remercie donc de m’avoir fait découvrir un auteur – Gloria Fuertes – dont l’écriture est si simple et si fine que, comprenant le sens général de son poème, je me garderai de le traduire mot à mot. Et je vous invite à courir aussitôt à la joie de son m@p qui est ICI.

Il est curieux et hautement réconfortant de noter que cette publication d’un m@p espagnol pensé (d’abord) pour des étudiants allemands, intervient à quelques jours du 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin, et en plein débat sur l’identité française. Je ne voudrais surtout pas polémiquer sur des sujets aussi sensibles – mais citer tout de même la belle formule d’Umberto Eco selon laquelle « La langue de l’Europe, c’est la traduction ». Et indiquer que cette formule se trouve en tête d’un article récent de Leyla Dakhili, intitulé « Le multilinguisme est un humanisme » paru sur le site La vie des idées.

Une honnête proposition pour finir: Je dispose de 8 invitations pour Google Wave. Si certains d’entre vous souhaitent créer un compte pour tenter l’expérience, qu’il m’écrivent.

Bon dimanche,

Christian J.

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Un m@p pour deux

8 novembre 2009 3 commentaires

brocanteLe travail d’une équipe engagée dans la lecture d’un m@p en vidéoprojection requiert, de la part du coach, pas mal d’énergie, et il arrive que l’on en manque. Et les enfants eux-mêmes ne se sentent pas toujours le courage, ni l’envie, de se mêler aux autres en rejoignant le « mini-bus » virtuel.

Alors, on en prend un à part. On laisse quelqu’un de plus courageux que soi (ou de plus jeune) animer le groupe réuni devant le grand écran, et on tire cet enfant quelque peu à l’écart. « Viens avec moi, tu vas voir… Et les autres, ne vous occupez pas de nous! »

On allume un ordinateur pour lui seul, et l’on s’assied à côté de lui, devant l’écran. On lui montre le catalogue des m@p, et l’on en choisit un avec lui, un texte qui a déjà été travaillé par le groupe, qui a donné lieu déjà à une séance de lecture collective, amusante, vivante, mais à laquelle cet enfant-là ne s’est guère mêlé, parce qu’il est un lecteur moins habile que les autres, parce qu’il est plus timide. Parce qu’il y a de la tristesse dans son regard. Parce que les circonstances de sa jeune vie ont voulu qu’il prenne le parti du silence.

J’ai procédé ainsi, la semaine dernière. Disons avec Étienne. Nous avons allumé la Chanson de Barberine, et nous avons passé un long moment paisible à nous promener dans le texte comme nous l’aurions fait en voiture, dans un beau paysage.

Les pages tournaient, comme les ailes d’un moulin.  Quel était mon programme, mon objectif pédagogique? Je n’y ai pas songé. J’étais tout à l’écoute de l’enfant, à son service, et le m@p me servait de support. Je tenais la souris mais c’est l’enfant qui conduisait. Nous allions à son rythme. Je lui demandais de lire, sans du tout se presser. Dès qu’il rencontrait une difficulté, qu’il s’empêtrait dans un entrelacs mystérieux de lettres, j’étais là pour l’aider. Et surtout nous avons regardé les images, parlé ensemble de Barberine, qui est belle, de la nuit profonde où l’on patauge dans des cauchemars (le dragon de Paolo Uccello les figure si bien), et du monde dont le poème dit qu’il n’est que souci…

– Sais-tu ce que signifie le mot « souci »?

Il a hoché la tête, il savait, de toute évidence il ne savait que trop bien, et je lui en ai pas demandé davantage. Puis, quand la promenade littéraire s’est terminée, je lui ai demandé s’il était content, si cela lui avait plu, et pour la première fois son regard a rencontré le mien, et soudain il a souri en s’inquiétant de savoir si bientôt il pourrait revenir travailler avec moi. Je lui ai répondu que oui, bien sûr, et il a rejoint les autres.

J’ajoute que j’ai pensé à lui en préparant hier le m@p de la célèbre fable de La Fontaine, Le loup et l’agneau. De plus en plus souvent, il m’arrive d’utiliser les m@p non pas en vidéo-projection mais sur l’écran de mon ordinateur portable, avec un ou deux enfants seulement. Et, dans ce cas, le partage des voix en quatuor ne convient pas. Pour Le loup et l’agneau j’ai donc ajouté un découpage des voix en trio et un autre encore en duo. Ceci en hommage à Étienne. Et pour rendre service à tous les grands-pères qui voudront s’essayer à l’exercice. Car le m@p est conçu pour faciliter la tâche de grands-parents qui veulent lire avec des enfants, et qui cherchent un support. N’importe lequel à ma place se débrouillera aussi bien que moi.

J’ajoute encore qu’il est question du m@p dans Le Patriote (hebdomadaire progressiste de la Côte d’Azur) de cette semaine (6 au 12 novembre), dernière page. Merci à Denis Chollet de faire si grand cas de notre travail, et de citer Alexandra Vinsonneau du Réseau Parents 06, et Josepha Venturi de l’ADAM, à propos de notre belle journée de formation du 15 octobre dernier.

J’ajoute enfin, hélas, que la nouvelle vient de me parvenir du décès de Michel Barnoin, qui fut longtemps directeur de l’école Saint-Philippe à Nice. Depuis 30 ans peut-être, Michel dialoguait inlassablement avec tous ceux qui, dans notre pays niçois, s’intéressent à l’éducation, à la musique, à la poésie. À la politique, bien sûr. Sur tous ces sujets, sa parole comptait. Encore n’était-il spécialiste de rien. « Je suis homme », pouvait-il dire après Térence et Montaigne, « et rien de ce qui est humain ne m’est étranger. »

Pensée des morts, de Lamartine

champVoilà les feuilles sans sève
Qui tombent sur le gazon,
Voilà le vent qui s’élève
Et gémit dans le vallon…

Le m@p est ICI.

Avec la voix de Georges Brassens