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Archive for février 2009

L’air nouveau

chateau1Pierre Reverdy en M@P

Je nourris une vieille passion pour Pierre Reverdy, mais celui-ci traîne derrière lui une réputation de poète difficile, élitiste, si bien que je n’avais jamais pensé le proposer à mes élèves. Et puis, l’idée a germé de lui consacrer un Moulin à paroles (M@P). L’œuvre de Reverdy n’est pas dans le domaine public, j’avais donc besoin de l’autorisation de son éditeur qui est Flammarion. Mais allez expliquer à un éditeur parisien que vous prétendez vous emparer d’un texte entier de ce poète-culte pour le publier en libre accès sur internet, après l’avoir coloré, manipulé de toutes les manières possibles afin de le transformer en jeu interactif (serious game) d’exercice de mémoire et d’apprentissage de la langue! Je craignais le pire. J’ai pourtant fini par prendre mon téléphone, sans trop savoir comment j’allais présenter la chose. Et là, j’ai eu la chance d’avoir au bout du fil Mathilde Gourmel qui a tout de suite compris le projet et qui l’a défendu. L’autorisation a été accordée, en bonne et due forme, et le jeu aussitôt fabriqué. Le premier test a été fait avec mes élèves de CP-CE1 de l’école du Château, à Nice. Je m’excusais presque en allumant le vidéoprojecteur (une lanterne magique), leur  avouant que ce poème était sans doute mieux adapté à leurs camarades élèves du lycée Masséna (tout voisin). Mais peut-être voudraient-ils bien y jeter un coup d’œil avec moi. Ils voulurent, et le résultat fut enthousiasmant. Au bout de 2 séances à peine, la plupart d’entre eux le savaient par cœur, le commentaient et invitaient leur parents à aller le retrouver sur notre site internet. Depuis une quinzaine de jours, je le propose à tout le monde, et partout il rencontre le même succès. Quant à vous, si vous ne l’avez pas encore découvert, il est ICI.

Le Top 10 des M@P les plus consultés

Je ne cesse de rééditer les M@P pour les compléter et les améliorer. SlideShare permet normalement de réaliser ces rééditions sous la même URL, en conservant donc les statistiques de l’édition précédente. Mais certains incidents se produisent, qui nous font perdre l’URL et donc les statistiques. C’est ce qui s’est arrivé récemment avec Le Dormeur du val d’Arthur Rimbaud. Il avait atteint un joli score et le compteur est reparti à zéro. Nos statistiques affichées sur SlideShare sont donc a minima. Pour autant, il n’est pas inintéressant de publier un Top 10. Voici celui de ce matin:
1) Demain, dès l’aube…, de Victor Hugo
2) La cigale et la fourmi, de Jean de La Fontaine
2) Le hibou boude, de Béatrix Beck
4) Saltimbanques, de Guillaume Apollinaire
5) Harmonie du soir, de Charles Baudelaire
6) Le lion et le rat, de Jean de La Fontaine
7) La Chute de la Maison Usher, d’Edgar A. Poe (trad. Baudelaire)
8) Le Petit Chaperon rouge, de Charles Perrault
9) Le ciel est, par dessus le toit…, de Paul Verlaine
10) Choses du soir (extraits), de Victor Hugo
Le mois prochain j’ajouterai, à un nouveau Top 10 des M@P les plus consultés, celui des M@P en plus forte progression.

Rencontre n° 7 – L’air nouveau

Le cycle de nos Rencontres reprend le samedi 14 à l’école élémentaire du Château (23, rue Saint-Joseph – 06300 Nice). J’intitule cette septième édition « L’air nouveau », encore que nos ateliers aient pour vocation de transmettre la tradition littéraire en même temps que celle du savoir de la langue (le goût de la grammaire). Le matin (de 10.00 à 12.30), je parlerai de la pédagogie Voix Haute avec tous ceux qui nous aurons rejoints. J’essaierai de dire en quoi celle-ci est une « médecine douce », de quelle manière elle met les nouvelles technologies au service de la tradition. Un peu avant 14.00, Georges Juttner nous rejoindra. Nous visionnerons puis débattrons ensemble du documentaire réalisé par Arnaud de Mezamat pour France5 qui s’intitule « Françoise Dolto parle… de la psychanalyse » dont le témoignage de G. Juttner fournit la matière principale. (La première diffusion date du 25 novembre 2008 et je l’avais signalée ICI.)

Catégories :Chroniques, La Lettre de VH Étiquettes :

Conjuguer à Voix Haute, 6

23 février 2009 1 commentaire
Catégories :Grammaire

Des activités d’écriture

2lecteurs

Pendant une séance de M@P, les élèves ne sont pas assis à une table avec un cahier sous la main. Tout au plus arrive-t-il qu’on leur demande d’utiliser une ardoise blanche (par ex., pour le M@P intitulé L’a-b-c de la grammaire). Cela ne signifie nullement que, dans ces moments, l’écriture soit oubliée. Bien sûr que non. D’abord parce qu’on ne lit pas, à voix haute ou en silence, sans avoir affaire à l’écriture, sans se trouver soumis à ses règles et les apprendre, sans se les approprier. Mais aussi parce qu’il me paraît indispensable d’apprendre à écrire de mémoire, en épelant les mots qu’on ne voit pas écrits au tableau mais dont on se souvient, et que cette activité d’épellation est l’une de celles qui occupent le plus de place dans les pratiques du M@P avec la restitution orale (voir les slides intitulés De l’oral à l’oral).

Puis, quand la séance de M@P se termine, il est possible et même souhaitable d’en revenir à des activités d’écriture plus classiques. On peut regarder le M@P comme une préparation orale et collective à l’autodictée, qu’on qualifiera aussi de « dictée mémorielle ». On obtient ainsi une progression suivante, en 4 étapes:

  1. M@P,
  2. Copie du texte complet,
  3. Dictée classique,
  4. Autodictée.

Il va de soi qu’on n’est pas obligé de parcourir les 4 étapes le même jour, ni au cours de la même semaine. Pour ma part, j’aime bien que la séance de M@P soit directement suivie par un travail de copie du texte complet. La séance de M@P est intensive, à la fois stimulante et fatigante pour le groupe, et la copie individuelle, silencieuse, méditative, fait redescendre la tension en permettant à chacun de mieux s’approprier le texte, de l’habiter. Et, après cette copie, il m’arrive aussi de demander un dessin d’illustration du poème ou du fragment de conte étudié, que l’on peut faire sur la feuille même où on l’a copié.

L’exercice de dictée ne sera proposé que le lendemain, ou quelques jours plus tard. Et l’autodictée, plus tard encore. Après peut-être qu’on ait abordé d’autres textes. Comme une façon de revenir à un ancien amour.

J’ajoute enfin que l’autodictée peut être réalisée sur le texte complet pour les élèves les plus habiles, ou sur un simple texte à trous pour les débutants et pour ceux qui rencontrent le plus de difficulté. Des textes à trous sont proposés sur notre site, en marge (ou au pied) de certains M@P, comme ICI.

Catégories :Grammaire

Comme on apprend la musique

Un enfant prend depuis quelques mois des cours de violon ou de piano. Il ne viendra à l’idée de personne de lui demander s’il sait jouer du violon ou du piano, mais il pourra arriver que quelqu’un lui dise: « Alors, ainsi, tu joues du violon (ou du piano)? » Et, dans ce cas, il y a toutes les chances pour que l’enfant réponde: « Je sais jouer ceci, et cela », en citant tels petits morceaux célèbres qu’il étudie avec son professeur. Or, posons qu’au même moment de sa vie, disons vers l’âge de 6 ou 7 ans, cet enfant soit occupé à apprendre à lire, à l’école cette fois. Il est probable qu’on ne lui parlera pas, et qu’il ne parlera pas lui même de cet apprentissage de la lecture de la même manière qu’il fait pour la musique. Pour la lecture, il y a toutes les chances qu’on lui demande s’il sait ou s’il ne sait pas accomplir cette tâche. Ou, au mieux, s’il sait lire un peu ou déjà assez bien pour se débrouiller tout seul. Car c’est cela que l’on voudra savoir, s’il est déjà un lecteur autonome, à 6 ou 7 ans, après quelques mois d’apprentissage, et il ne sera pas question de textes. Du manuel dans lequel il apprend à lire, à la rigueur, mais certainement pas du texte d’un conte ou d’un poème célèbre que son interlocuteur serait censé connaître lui aussi, que l’enfant aurait pu apprendre et dans lequel il se serait agi pour lui d’apprendre à lire comme il apprend à jouer du piano, en s’exerçant à jouer telle petite valse célèbre, adaptée pour les débutants.

On apprend à lire pour être capable de lire n’importe quoi, de préférence ce que l’on ne connaît pas déjà et qu’on lira pour soi seul. Tandis qu’on apprend la musique, d’abord pour savoir jouer à son tour les petits airs célèbres qu’on a pu entendre jouer par ses cousines, et on le fera à son tour pour les autres. Et cette opposition nous paraît aujourd’hui bien naturelle, inévitable en quelque sorte, alors qu’elle ne l’est pas du tout. Longtemps les enfants ont appris à lire comme aujourd’hui ils apprennent la musique, et ils apprenaient mieux ainsi parce que cette approche était plus naturelle.

Lu par Cédric Maillot-Juillet

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Orthographe grammaticale, 1

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