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Alice avait déjà tout compris

28 décembre 2009 Laisser un commentaire

Je travaille à refaire un m@p sur l’incipit d’Alice au pays des merveilles. Et comme je l’ai sous les yeux, je repense au débat que nous avons eu, voici peu, sur le site d’Hubert Guillaud – La Feuille -, à propos du livre numérique. Alice avait déjà tout compris:

Alice was beginning to get very tired of sitting by her sister on the bank, and of having nothing to do: once or twice she had peeped into the book her sister was reading, but it had no pictures or conversations in it, « and what is the use of a book, » thought Alice, « without pictures or conversation? »

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Livre et lecture à l’ère du numérique, 2

11 décembre 2009 1 commentaire

Chez Hubert Guillaud

Le 4 déc. 2009, à 10:31

Le livre non pas classique mais moderne, celui qui s’impose à la fin du 18e, et dont le roman fournit le modèle, est marqué par ce qu’on pourrait appeler la «monotonie textuelle». Or, il se trouve (1) que cette monotonie est devenue assez insupportable aux nouvelles générations élevées devant les écrans de tout type, et (2) que le livre numérique est naturellement multimédia. Raisons pour lesquelles je ne crois pas beaucoup, moi non plus, au livre numérique.

à 4:03

@Guillaume Allons donc plus loin… C’est le livre même qui est naturellement multimédia… Dans l’histoire-géographie du livre, la monotonie textuelle fait plutôt exception, pas le multimédia (je pense aux codex maya)… Il y a d’une part les liens étroits que l’écriture entretient avec l’image dès son origine… Et, d’autre part, l’image, la visualité qui hante le roman à travers la description, mais aussi à travers la scène… En quoi le roman dix-neuviémiste ouvre la voie au cinéma… La « monotonie textuelle » procède aujourd’hui d’un refoulement, d’un étrange refus de voir… me semble-t-il.

à 4:07

Bien sûr, on pourrait dire aussi que la monotonie textuelle procède d’une ascèse, le mot serait plus noble… Mais ascèse ou refoulement, il y a bien là quelque chose de volontariste et d’exceptionnel, qui s’oppose au régime de la presse, des magazines, aussi bien que de la télé…

Le 11 déc., à 9:50

@Hubert Je me suis mal fait comprendre, car je suis tout à fait d’accord avec votre propos concernant le flux… J’essayais seulement de dire que le livre devient poreux. L’hypertexte peut ouvrir sur des flux plutôt que sur de simples pages, ce qui le rend vivant (autoproductif – dépassant la compétence et la vigilance de l’auteur). De même que le livre s’ouvre (sur la page ou en lien) à de l’image (du non linguistique)… Tout ceci pour dire que l’enjeu ne consiste pas seulement à numériser du texte, ce qui représente un enjeu pas bien considérable et même un peu dérisoire (un bon Folio de Tanizaki dans la poche, il n’y a pas mieux pour se promener). Mais que le numérique ne peut manquer de changer l’écriture même.

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