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Livre et lecture à l’ère du numérique, 1

11 décembre 2009 Laisser un commentaire

Chez Virginie Clayssen

11 nov. 2009, à 11:15

L’apprentissage de la lecture s’est toujours opéré sur le mode de la lecture partagée. Et le premier avantage de l’édition numérique sur l’édition papier consiste en ce qu’elle permet un meilleur partage du texte.

En fait d’apprentissage de la lecture, je ne songe pas seulement à la technique du déchiffrement qui s’acquiert le plus souvent à l’école. Mais aussi à cette initiation progressive, portant sur toutes les dimensions de la culture livresque, qui s’opère dans les familles, dans les quartiers, aussi bien qu’à l’école.

Il est plus facile de lire à deux ou trois sur l’écran d’un ordinateur portable que sur un livre, et beaucoup plus facile encore de le faire à quinze ou vingt sur l’écran mural de la vidéoprojection.
L’école de Jean-Baptiste de La Salle avait inventé les livres à exemplaires multiples. Pour bien comprendre la révolution qui s’opére aujourd’hui avec le numérique, il faut comprendre la révolution qui a fait passer l’Europe du 18e siècle de l’enseignement individuel à l’enseignement collectif de la lecture, grâce aux livres à exemplaires multiples. Sans eux et sans le meilleur partage de la lecture qu’ils permettaient, jamais les pratiques de lecture ne se seraient démocratisées comme elles l’ont fait au 19e siècle. Or, le partage est bien plus étroit encore quand on lit ensemble sur le même écran.

Sur un écran, il est plus facile de montrer ce que l’on lit – que ce soit une phrase, un seul mot, un graphème, ou une image -, et de réagir à ce que l’on lit, et d’en parler ensemble. La lecture écranique favorise les interactions dans le groupe des lecteurs, qui ont les mains libres, qui peuvent se déplacer. Et les meilleurs livres numériques ne seront pas nécessairement les plus beaux, mais ceux qui feront la part la plus belle – la plus active – au lecteur collectif.

C’est du moins ce à quoi tendent les Moulins à paroles (m@p) produits par notre atelier Voix Haute. Dans ces m@p, le texte se déroule et se défait, ce qui conduit le lecteur individuel ou collectif à le reconstituer sans cesse, et ainsi à le mieux pénétrer.

à 12:36

Beaucoup diront que le livre est d’abord un dispositif à usage individuel. Et ceux qui défendent ce point de vue attendent du numérique qu’il favorise en priorité l’autonomie du lecteur. Or, il est incontestable (mais il faut le rappeler) que le livre a toujours été aussi (et sans doute d’abord, du point de vue historique) un dispositif à usage collectif. Que l’on pense aux livres religieux. A la Bible. Au Talmud ou au Coran. Et puis, surtout, nous parlons de lecture enfantine. Depuis 68, les adultes sont toujours impatients de rendre les enfants plus autonomes. Et donc d’en faire des lecteurs autonomes. Mais l’expérience me montre que là n’est pas le désir des enfants eux-mêmes, ni leur besoin. Quant à eux, ce ne sont pas livres qui les intéressent d’abord, mais bien les échanges qu’ils peuvent avoir à l’intérieur d’un groupe, fût-il réduit à un duo. Et notre tâche est de leur montrer que les livres sont de merveilleux supports d’échanges entre humains. Les plus merveilleux sans doute. Même et surtout quand les autres ne sont enfin plus là, à portée de voix et de main. Montaigne pouvait se retirer dans sa librairie. C’était pour mieux dialoguer avec les meilleurs esprits de tous les temps. J’ai fait mon slogan de ce que La lecture est toujours un jeu de (bonne) société.

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11 novembre 2009 1 commentaire

C’est en recherchant des exemples de livres numériques destinés aux enfants que j’ai redécouvert le site de l’ICDL, ou “International Children’s digital library“, une bibliothèque numérique mondiale de livres pour la jeunesse. Un projet financé par plusieurs institutions publiques et des sociétés privées américaines ( National Science Foundation, Institute of Museum and Library Services,  Microsoft,  Adobe). l’ICDL permet d’accéder, en 11 langues à des livres issus de  42 pays. Livres anciens du domaine public (dont ce délicieux Bébé sait lire), ou livres plus récents dont les ayants-droit ont autorisé la numérisation et la publication en ligne, comme cette version hongroise et toute en images du Petit Chaperon Rouge

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