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Qui parle de « tradition »?


Étonnant article dans le Figaro d’hier consacré à L’offensive des partisans de l’école traditionnelle. Ceux-ci sont qualifiés (et semblent se qualifier eux-mêmes) indifféremment d’ « antipédagogistes » ou de « républicains ». Or, cette double qualification appelle deux remarques.

La première est qu’on ne voit pas très bien à quel « pédagogisme » ils s’opposent. Ce n’est certainement pas le souci pédagogique qui domine le fonctionnement de l’école d’aujourd’hui, ni du côté de l’administration (qui songe plutôt à l’évaluation et aux prises en charge individuelles), ni du côté des IUFM (qui, en remplaçant les vieilles Écoles normales, ont entraîné le déclin inéluctable des mouvements pédagogiques), ni du côté des syndicats enseignants dont le seul mot d’ordre est celui de la préservation de l’unité du service publique (ce qui laisse bien peu de place à l’expérimentation pédagogique).

La seconde est que l’école dite « de la République » est une vieille dame respectable, sans doute, mais pas du tout « traditionnelle ». Pour comprendre où nous en sommes, il faut rappeler au contraire qu’elle rompt d’entrée de jeu avec les traditions les plus anciennes et les plus universelles de la pédagogie en refusant d’accorder aux exercices de mémoire la place qui est la leur depuis toujours, en Europe comme dans toutes les autres civilisations. Cette rupture ne s’opère pas d’un coup. L’abandon des exercices de mémoire est progressif, il n’a cessé de devenir de plus en plus radical au fil du temps – sans que Mai 68 n’y soit pour rien. Il est aujourd’hui presque total et constitue une des causes les plus évidentes de l’échec de l’école.

L’école fonctionne mal. Mais curieusement, on continue de dédaigner les exercices de mémoire dont (a) les enfants raffolent et dont (b) aucun parent ni aucun maître ne peut douter de l’efficacité une fois qu’il y a eu recours.

Pourquoi donc sont-ils abandonnés? Je l’ignore. Peut-être une simple question d’orgueil (ferions-nous encore comme les anciens faisaient?), ou de conception idéologique de la liberté.

Voir aussi: L’invention du Moulin à paroles.

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