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Apollinaire à Carros / Saltimbanques


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La voix du chanteur peut avoir à matérialiser une musique déjà écrite. C’est le cas pour la musique dite « classique », plus particulièrement encore pour l’opéra. D’autres fois, ailleurs, elle improvise, ce qui signifie qu’elle refait un chemin chaque fois différent, et donc toujours aventureux, en prenant ses repères sur quelques paroles (on ne chante pas pour ne rien dire) et sur quelques accords. C’est le cas pour le blues et pour le flamenco, comme pour l’immense majorité des musiques dites « populaires » à travers le monde et à travers le temps. La musique dite « classique » peut être stupéfiante de beauté, mais la voix humaine n’est jamais si émouvante, si étonnante que lorsqu’elle improvise. J’ajoute qu’il y a toujours une carros2part d’improvisation même dans le chant le plus classique. L’émotion que l’on ressent à écouter Maria Callas chanter l’air de Casta diva ne tient pas seulement à la beauté de la musique (déjà écrite) de Bellini. Elle tient aussi au très faible écart que marque celle qui lui donne sa voix.
Je songeais à cela en redescendant, hier soir, de Carros. Il pleuvait un peu et nous écoutions, dans notre voiture, la voix de Pepe de la Matrona qui fut l’un des maîtres du chant flamenco (un exemple ICI). Avant de partir, quand la séance consacrée aux Saltimbanques d’Apollinaire fut terminée, les animateurs du CAJIP m’ont dit: « C’était bien, mais assez différent de ce que vous aviez fait la dernière fois avec Victor Hugo, et au début de la séance nous ne nous y retrouvions pas… » Leur souci professionnel est de pouvoir faire tourner à leur tour les Moulins à paroles, et d’aider les enfants et leurs familles à les faire tourner eux aussi, après mon départ, pour leur propre compte. Or la manière dont je venais de conduire l’atelier ne correspondait pas tout à fait au modèle observé la première fois. Et je leur ai répondu que leur observation était juste, mais que le Moulin à paroles est un art de l’improvisation.
Cette fois le public était beaucoup plus nombreux, cette fois il pleuvait dehors et j’étais carros3enrhumé, cette fois nous disposions d’une version chantée (par Yves Montand), cette fois c’était Apollinaire et non plus Victor Hugo qui nous entraînait dans son monde.
Quand je commence une séance de M@P, je ne sais pas très bien ce que je vais faire, sur quelle activité je vais insister, sur quelle diapositive je vais mettre le plus d’énergie et sur quelle autre au contraire je vais passer. Le M@P m’offre un support et des repères sur ce support. Le reste dépend de l’air du temps. De l’humeur du moment. Celle du public et la mienne.

Voir aussi:

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  1. 16 mai 2009 à 08:04

    Alexis Mons a publié, en avril dernier, un article où il indique: « … Twitter est un exemple caractéristique que moins il y a de fonctionnalités, plus il y a de sens et d’usages. La messagerie instantanée avait déjà démontré ça, c’était au siècle dernier. Les outils n’ont pas d’idées, ce sont les gens qui en ont. Twitter n’a aucun sens, ce sont ceux qui s’en servent qui lui en trouvent un, et le fait est qu’il sont de plus en plus nombreux à le faire » [+].
    C’est très précisément à un fonctionnement de ce type que visent les M@P. Les spécialistes de l’éducation – et plus encore les spécialistes de la formation – qui découvrent cet outil, tentent souvent de me faire honte de sa simplicité. « Comment, me disent-ils, les apprenants ne peuvent pas intervenir? Comment, un M@P ne renvoie pas à la totalité des ressources numériques concernant le sujet? » Je leur réponds: « Non, non… ce n’est rien qu’une petite présentation de type PowerPoint faite en OpenOffice… Une sorte de lanterne magique… Mais c’est très utile pour servir de support à un échange de paroles, et pour improviser! »

    • 16 mai 2009 à 13:29

      Le reste dépend aussi du talent du meunier, qui joue selon les moutures et les conditions météo. Et, au-delà du numérique, il n’oublie jamais l’humain, préférant la totalité des ressources humaines à la totalité des ressources numériques…

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