Une distinction
Pas de question plus difficile, plus compliquée, et finalement plus douloureuse que celle qui concerne l’organisation des systèmes éducatifs. Encore faut-il souligner que celle-ci n’incombe ni aux professeurs, ni aux parents d’élèves, et encore moins aux élèves eux-mêmes. Elle relève de la responsabilité des administrations d’état, qui s’en débrouillent comme elles peuvent, les pauvres!
Sans doute n’est-il pas inutile que les principaux intéressés donnent leur sentiment quelquefois, et éclairent – ou tentent d’éclairer ainsi les décisions des politiques. Mais ces décisions devront être prises en fonction de bien d’autres considérations qui nous échappent. Et je n’en conclus nullement que les acteurs directs des systèmes éducatifs doivent s’abstenir de s’exprimer, mais seulement qu’il serait sage qu’ils le fassent de leur propre point de vue, qu’ils aient à cœur de témoigner de leur propre expérience de la manière la plus honnête et la plus précise, sans trop se préoccuper de savoir si leur témoignage “va dans le bon sens” (comme on disait à l’époque stalinienne) ou dans celui qui ne le serait pas.
Aussitôt qu’il s’agit de l’école, c’est l’esprit de sérieux qui domine, hélas! On parle d’égalité, de droits et de devoirs. Tandis que dans les cours de récréation, dans les couloirs de collèges et devant les tableaux noirs, les vraies questions qui se posent sont celles du désir, de la dépression et de la joie.
Georges Juttner, pédopsychiatre, psychanalyste et président de l’association Ars legendi, est l’un des rares professionnels que je connaisse à parler de l’école et dans l’école avec humour, en se préoccupant d’abord du bien-être de l’enfant à l’intérieur du groupe, et à aborder toujours la question des apprentissages sur le versant du jeu.
Il s’adresse aux professeurs et aux parents de telle manière que ceux-ci se sentent quelque peu déchargés du terrible poids de culpabilité qui leur incombe. Et, à tous les coups, c’est l’enfant le plus fragile, le plus souffrant, qui tire avantage de cette opération!
Ceci pour dire que le nouveau ministre, Monsieur Luc Chatel, a été bien inspiré de nommer notre ami au grade de chevalier dans l’ordre des Palmes académiques, consacrant ainsi son “engagement remarquable au service de l’Education nationale”.
C’était en date du 4 septembre. Et Monsieur Chatel agissait sur proposition de son prédécesseur.
Toutes nos félicitations au récipiendaire – mais aussi à celui qui le reçoit!
- Voir aussi: Dolto & Juttner sur France5
Hier soir, l’association 


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